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La priorité des cadres : de meilleurs salaires

Plus optimistes sur le marché de l'emploi, les cadres se déclarent prêts à changer d'employeur pour

augmenter leur rémunération, selon le baromètre Ifop/Cadremploi.

 

Des cadres plus optimistes sur l'environnement du marché de l'emploi, mais plus exigeants sur leurs évolutions de carrières et de salaires. Tels sont les deux principaux enseignements de la 7ème vague du baromètre Ifop/Cadremploi sur les cadres et le marché de l'emploi, qui sera publié demain. Pour la première fois depuis juin 2008, les cadres sont majoritairement optimistes sur l'évolution de la conjoncture en matière d'emploi (56 % contre 49 % en décembre dernier). Près des trois quarts ont en outre un avis positif concernant leur propre emploi (72 %).

Ce jugement globalement favorable doit être relativisé par deux éléments mis en lumière par le baromètre Ifop/Cadremploi: un sentiment de dégradation des conditions de travail et des augmentations salariales perçues comme insuffisantes. Ainsi 54 % des cadres jugent l'ambiance de travail dégradée; ils sont aussi nombreux à qualifier de «tendues» leurs relations avec leur hiérarchie (43 % contre 29 % qui pensent le contraire). Mais surtout, 72 % des cadres observent toujours une augmentation de leur charge de travail et 69 % affirment que la place accordée à la productivité s'accroît.

Salaires décevants

Côté rémunérations, même si la proportion de cadres ayant obtenu une augmentation en début d'année est en hausse de 5 points par rapport à décembre 2010 (39 % contre 34 %), elles sont nettement en dessous de ce qu'ils escomptaient. 69 % des cadres ayant été augmentés, l'ont été de moins de 4 %. «On note une corrélation entre l'augmentation perçue en 2011 et le niveau de rémunération des cadres», souligne le baromètre Ifop/Cadremploi. Les cadres percevant plus de 50 000 euros ont vu leur augmentation dépasser 4 %. Par ailleurs, près d'un cadre sur cinq a vu son travail valorisé soit par le biais de missions ou de responsabilités supplémentaires ou plus intéressantes (17 %), soit par l'octroi d'avantages en nature (16 %) ou encore par plus de considération (15 %) afin de suppléer l'absence ou la faible augmentation de sa rémunération.

Pas étonnant dans ces conditions que l'amélioration des rémunérations reste toujours la première attente des cadres: ils sont désormais 62 % à souhaiter gagner plus, soit 3 points de plus depuis le mois de décembre 2010. C'est le plus haut niveau depuis la première vague du baromètre en juin 2008.

Plafonner les rémunérations des dirigeants

Pour décrocher de meilleurs salaires les Français n'hésitent plus à regarder ailleurs et à changer d'employeur. «Près de quatre répondants en activité sur dix (39 %) se disent prêts à changer d'entreprise, soit une progression de 7 points en un an», souligne Cadremploi. Par ailleurs 31 % des personnes interrogées affirment «envisager un changement de métier et/ou de secteur d'activité». Quelle augmentation salariale attendent-ils d'une mobilité ? «18 % en moyenne»…

Les cadres, qui estiment que leurs dirigeants ne desserrent pas assez vite les cordons de la bourse, se montrent d'ailleurs sévères sur les niveaux de rémunérations des grands patrons. Ils se déclarent favorables à une limitation de ces dernières, «plus d'un cadre sur deux (52 %) déclare que les dirigeants devraient percevoir une somme inférieure à 250 000 euros» relève le baromètre Ifop/Cadremploi. La rémunération jugée «acceptable» se situant en moyenne à 386 641 euros.

 

Les salaires des cadres rebondissent en 2011

Après deux années de baisse, ils progressent de 2,9 %, selon le 9e baromètre du cabinet de recrutement Expectra.

 

Bonne nouvelle pour les cadres qui s'apprêtent à changer de job ou qui s'interrogent sur une éventuelle mobilité professionnelle. Après deux années de vaches maigres, marquées par un repli des salaires à l'embauche de 1,6 % en 2009 et 1,9 % en 2010, la tendance est en train de s'inverser.

Selon le 9e baromètre des salaires des cadres Expectra (1), réalisé cette année avec Viadeo, et que Le Figaro économie publie en exclusivité, la moyenne des progressions enregistrées, tous secteurs confondus, s'établit à + 2,9 %. «La fourchette de hausse des rémunérations globales est comprise entre + 0,4 % pour la filière informatique et télécoms et + 5,4 % pour la filière RH et juridique», constate Didier Gaillard, directeur général du cabinet Expectra.

Selon lui ces chiffres traduisent un contexte de reprise économique et un signe de sortie de crise. «À fin avril, nous sommes sur une forte hausse de nos missions de recrutement, de l'ordre de 40 % par rapport à l'année dernière, avec des évolutions particulièrement sensibles dans l'informatique, + 63 %, ou dans le secteur commercial et marketing, + 50 %», poursuit-il.

Tous les secteurs concernés 

La reprise d'une politique salariale dynamique semble inévitable pour les entreprises, faute de quoi elles s'exposent tout à la fois à un turnover de leurs collaborateurs et au risque de ne pas trouver les bons candidats pour les postes qu'elles ont à pourvoir.

C'est dans le secteur des ressources humaines et du juridique que les progressions de salaires sont les plus significatives, avec une embellie particulièrement sensible pour le poste de responsable des ressources humaines. «Il est actuellement très courtisé et peut envisager une plus-value de salaire de l'ordre de 8,2 %. C'est sans doute la preuve que les entreprises sont en demande forte de compétences de gestion des RH pour mieux fidéliser les cadres», insiste Didier Gaillard. Ces profils sont aussi plébiscités dans les PME qui créent ces postes dans une logique de restructuration.

Les fonctions commerciales et marketing restent aussi bien orientées. Globalement les hausses de salaires à l'embauche tournent autour de 4,9 % dans ce secteur. Le poste d'ingénieur d'affaires est d'ailleurs la fonction qui affiche la plus belle progression cette année (+11 %). Quant à la filière ingénierie et industries, «la crise semble enfin faire partie du passé» et les salaires y progressent globalement de 3,3 %.

Quelle place les entreprises accordent-elles au variable dans les rémunérations ? Tout dépend, là encore, des secteurs. Il a concerné 43,7 % des ingénieurs informatiques et télécoms (avec des primes comprises entre 6 et 15 % de la rémunération) et 55 % des managers de l'industrie (pour des primes oscillant entre 5 et 15 %), mais plus de 60 % des professionnels de la comptabilité et de la finance.

(1) Évolution des salaires entre septembre 2010 et mars 2011. 135 000 fiches de paie étudiées.

Par Christine Lagoutte  Mai 2011 - Le Figaro

 

Les cadres  approuvent la stratégie de leur entreprise

Mais leur moral s'effrite de nouveau en mars, selon le dernier baromètre réalisé par Viavoice pour HEC, «Le Figaro» et France Inter.

L'arrivée du printemps est synonyme de poussée de pessimisme pour les cadres sur leur environnement économique et social. Le caractère particulièrement anxiogène de l'actualité - situation au Japon, intervention militaire en Libye, envolée des prix des matières premières et de l'énergie - explique en partie cet accès de morosité. En matière macroéconomique également, la conjoncture reste fragile : la baisse du chômage demeure faible et ne touche pas toutes les catégories de salariés, tandis que le sentiment de dégradation du niveau vie (avec la cohorte d'augmentations des prix) s'amplifie.

 

Îlot de confiance 

Résultat de cet ensemble de facteurs plutôt négatifs : l'indice synthétique du «moral des cadres» a encore perdu 1 point en mars (- 39) et 9 points par rapport à février, tandis que les indicateurs macro et microéconomiques restent dans le rouge. «Ce qui est le plus frappant, c'est que tout baisse en même temps. Le moral des cadres retrouve son niveau du début de la crise, en septembre 2008», relève François Miquet-Marty, président de Viavoice. Dans le détail, 57 % des cadres (contre 53 % en février) jugent que «le niveau de vie va se dégrader en France cette année». Ils sont aussi plus nombreux (60 % contre 59 % le mois précédent) à estimer que «le nombre de chômeurs progressera» dans les mois à venir.

 

Pour autant, tout n'est pas noir dans l'environnement des cadres. Ils sont, par exemple, moins nombreux que le mois précédent à penser que les opportunités de faire progresser leur carrière sont «faibles» (76 % contre 80 % auparavant). «Dans ce contexte d'inquiétudes, il apparaît aussi que l'entreprise constitue pour ces cadres un véritable ressort de confiance. Cette donnée est intéressante, car elle n'était pas évidente a priori», analyse François Miquet-Marty. Près de 55 % des cadres du privé «approuvent ainsi la stratégie de leur entreprise». Cette proportion est encore plus importante dans les sociétés de moins de 200 salariés (60 %) et de moins de 50 salariés (61 %).

Autre constatation : près des deux tiers des cadres affirment «être bien informés sur la stratégie de leur société». Pour le président de Viavoice, ces résultats vont à contre-courant des discours selon lesquels le lien de confiance avec les dirigeants a été mis à mal par la crise.

Le Figaro – Avril 2011

 

La rémunération, une priorité pour les cadres en 2011

En février, leur moral a brutalement chuté, selon le dernier baromètre réalisé par Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter. 

Comme pour une majorité de Français, le pouvoir d'achat sera au cœur des préoccupations des cadres cette année. Interrogés par Viavoice sur ce qu'il faudrait améliorer «en priorité» dans leur entreprise, un sur deux répond «les rémunérations», soit presque deux fois plus que fin 2009, où la même question leur avait été posée à l'époque.

Outre ce fait marquant, on assiste, d'une année sur l'autre, à une évolution en profondeur de leurs priorités vis-à-vis de leur employeur. Ainsi, l'organisation générale du travail, la motivation, la considération, le respect ainsi que les évolutions de carrière font un bond dans le classement.

 

Effet de ciseau

A contrario, tout ce qui concerne la santé économique des entreprises (croissance de l'activité, relations avec les clients, rentabilité) est jugé moins prioritaire par les cols blancs, bien placés pour constater le redressement de nombre de sociétés. Une santé retrouvée, illustrée par les dividendes importants, voire records, versés par des groupes du CAC 40, au titre de l'exercice 2010.

«Les cadres, qui, depuis le déclenchement de la crise à l'automne 2008, ont fait des efforts, veulent aujourd'hui en recueillir les fruits, souligne François Miquet-Marty, président de Viavoice. Mais il existe un redoutable effet de ciseau entre les discours sur la sortie de crise économique et financière, et leur situation personnelle, qui ne s'améliore pas.»

Côté moral, après deux mois marqués par un net réchauffement, une vague de froid s'est abattue en février. L'indice synthétique (-38) a perdu 8 points et tous les indicateurs, macro ou micro­économiques, sont dans le rouge. Désormais, plus de la moitié des cadres pensent que le niveau de vie va se dégrader en France au cours des prochains mois, et six sur dix s'attendent à une augmentation du chômage. Ce pessimisme tient à deux facteurs : la forte hausse des prix de nombreuses matières premières agricoles, qui va se répercuter sur le coût du panier de la ménagère, et la flambée des prix du pétrole, liée aux événements dans les pays arabes, qui devrait avoir des conséquences sur la croissance.

Le Figaro – Mars 2011

 

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